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Sous les pavés, la mode




Située dans le 8eme arrondissement de Paris, entre les Champs Elysée et la Seine, l'Avenue Montaigne est connue pour être l'Avenue de la mode et du luxe.



Lors de flâneries Avenue Montaigne, j'ai découvert des plaques insérées dans le trottoir, disséminées aux 4 angles de l'Avenue et de la Rue François 1er.

Ces plaques rendent hommages à 4 couturières et couturier qui ont marqué l'histoire de la mode et de la couture, bien qu'un peu oubliés aujourd'hui. Qui sont-ils ?


Jeanne PAQUIN (1869-1936)

ouvre sa propre maison de couture à Paris, 3, rue de la Paix. Ses robes du soir aux motifs « XVIIIe siècle », ses modèles ornés de fourrure ou de dentelle, lui assurent une grande notoriété. Femme d’affaires avisée, elle est l’une des premières à pressentir l’intérêt des techniques de promotion, n’hésitant pas à apparaître entourée de ses mannequins lors de soirées à l'opéra Garnier ou encore lors des jours de grands prix équestres, et à organiser de véritables défilés de mode pour promouvoir ses nouveaux modèles.

Associée à des partenaires britanniques, Jeanne Paquin transfère, en 1896, son siège à Londres, tout en gardant sa succursale de Paris.

En 1912, elle ouvre à New York une boutique consacrée à la fourrure. L'agencement est confié à Robert Mallet-Stevens.

Peu de temps après, deux nouvelles succursales voient le jour à Madrid et à Buenos Aires. Elle est la première grande couturière à recevoir, en 1913, la croix de la Légion d'honneur.

Si l’inspiration de Jeanne Paquin puise largement dans le passé, elle sait également s’adapter aux évolutions de l’époque, proposant un modèle de tailleur adapté à la « civilisation du métro » ou, à la veille de la Première Guerre mondiale, une robe intermédiaire entre le tailleur et le costume. Son esprit résolument moderne s’exprime encore dans sa collaboration avec Léon Bakst pour la création de costumes de théâtre.

En 1956, la maison Paquin, essuyant de graves difficultés financières, cessera son activité.


CALLOT SOEURS

est le nom d'une maison de haute couture française ouverte en 1895, 24 rue Taitbout à Paris 9e par les quatre sœurs Callot : Marie Callot-Gerber, Marthe Callot-Bertrand, Regina Callot-Tennyson-Chantrell et Joséphine Callot-Crimont.

Les sœurs connaissent le succès grâce à leurs travaux sur l'amélioration de blouses et lingeries avec de la dentelle et des rubans. Cette reconnaissance les poussent à améliorer d'autres vêtements et, en 1914, la société déménage dans de plus grands locaux situés au 9-11 de l'avenue Matignon.

La couturière Madeleine Vionnet (voir ci-dessous) a été apprentie chez Callot à son retour à Paris, et ce jusqu'en 1906. C'est là qu'elle affine sa technique dans la couture. « Sans les sœurs Callot j'aurais fait des Ford, avec elles j'ai fait des Rolls-Royce », dira Madeleine Vionnet plus tard.

Les vêtements des Sœurs Callot ont été connus notamment pour leurs détails exotiques, l'utilisation des moires et des lamés, ainsi que de la dentelle et des passementeries. Au cours des années 1920, elle était une des maisons de mode les plus en vogue, reconnue pour ses robes du soir, mais également pour ses objets de décoration d'intérieur qui prennent de l'importance, jusqu'à supplanter la création de robes. À partir de 1920 seule Marie Gerber s'occupe de la maison de couture.

La société est rachetée en 1937 par la Maison Calvet, et ferme définitivement ses portes en 1953.


Madeleine VIONNET (1876-1975)

Elle entre en apprentissage en 1888 chez une petite couturière. Elle évolue très vite, d'abord à Paris, puis à Londres ou elle s'installe en 1899.

Là, Vionnet assimile non seulement la technique des grands tailleurs britanniques, mais découvre aussi la façon dont les œuvres peuvent être copiées plus ou moins bien sans que personne ne s'en émeuve.

En 1900, fascinée par Isadora Duncan et ses formes libres, elle explore l'art du drapé qu'elle maîtrisera si bien que, l'année suivante, elle est engagée comme première dans une des plus célèbres maisons du Paris de l'époque, celle des sœurs Callot. « Grâce aux sœurs Callot, dira-t-elle, j'ai pu faire des Rolls-Royce. Sans elles j'aurais fait des Ford ».

Puis c'est au tour de Jacques Doucet de faire appel à elle. C'est chez lui qu'elle supprimera définitivement l'usage du corset dans toutes ses créations, ce qui fut une révolution dans la mode. C'est pourtant à Paul Poiret qu'on attribue cette innovation.

En 1912, devant l'immense succès que ses créations remportent chez Doucet, elle ouvre, au 222 rue de Rivoli à Paris, sa propre maison où le tout Paris commence à se presser. Elle y invente notamment le manteau de ville.

Deux ans plus tard, la Première Guerre mondiale la contraint à fermer sa maison, mais elle continue à travailler. Les modèles des années 1917 à 1919 sont parmi les plus audacieux qu'elles aient construits.

De 1920 à 1930, elle donnera libre cours à sa passion des fleurs toujours somptueusement parsemées sur des capes ou des cols.

À la même époque, l'invention du biais et la façon dont Madeleine Vionnet en défendra la maternité devant les contrefacteurs restent inscrites à tout jamais dans la mémoire de la mode. Elles furent l'occasion d'un historique procès qu'elle gagna. À dater de ce jour, elle mettra au point un système de copyright qui fait encore référence5. « Non seulement, dit-elle, j'appose sur chaque modèle sorti de chez moi ma griffe et un numéro de série mais aussi mon empreinte digitale. Je donne aussi le nom des personnes que j'autorise officiellement à copier mes œuvres à plusieurs exemplaires ». C'est ainsi qu'elle constituera une inestimable collection d'archives où chacun de ses modèles est photographié de face, de dos et de profil.

Dans les années 20, elle s'installe aux 50-52 avenue Montaigne à Paris et collabore à la décoration des Galeries Lafayette dont elle veut faire un temple de la mode. Plus que des robes, ses créations deviennent de véritables architectures à draper selon un rituel de gestes précis. Elle avait l'habitude de travailler sur un petit mannequin de bois peint sur lequel elle créait toutes ses toiles en modèles réduits. Elle gardera cette célèbre petite figurine dans sa chambre jusqu'à la fin de ses jours et s'en servira pour expliquer aux visiteurs curieux, les différentes étapes de son travail. De plus, cette petite statuette lui permettait de visualiser les formes et les rondeurs des femmes, pour leur proposer des vêtements qui épousaient leur forme, ce qui était une fois de plus révolutionnaire à une époque où les formes étaient sinon cachées, oubliées des autres créateurs.

Elle prend sa retraite alors qu'elle est au sommet de sa gloire, le jour où commence la Seconde Guerre mondiale.

En décembre 1940, la maison Vionnet est mise en liquidation et le personnel licencié.

Son seul lien avec la couture consistera à donner des cours à l'école de la rue Saint-Roch à Paris.

Les innovations sociales de Madeleine Vionnet

Soucieuse du bien-être de ses employées, Madeleine Vionnet organise ses ateliers de couture en mettant des chaises pour les ouvrières à la place des tabourets, crée un réfectoire, une crèche et emploie un médecin et un dentiste à demeure. Elle va même leur offrir des vacances, bien avant la loi sur les congés payés


Paul POIRET (1879-1944)

Il ouvre sa maison de couture en septembre 1903 et habille l'actrice Réjane, ce qui le lance. Il est le premier couturier, avec Madeleine Vionnet, à supprimer le corset en 1906, en créant des robes taille haute. Il devient ainsi un pionnier de l'émancipation féminine.

En 1908, il confie à Paul Iribe les dessins du catalogue Les Robes de Paul Poiret racontées par Paul Iribe. Le caractère novateur de l'ouvrage lui confère un grand succès. En 1910, l'orientalisme est à la mode. Les ballets russes et Léon Bakst triomphent à Paris. Poiret suit la tendance.

En 1909, il fait l'acquisition d'un Hôtel Particulier 107, rue du Faubourg-Saint-Honoré. Il y donne le 24 juin 1911 la somptueuse fête costumée persane sur le thème La mille & deuxième nuit , à laquelle sont conviés 300 invités, essentiellement des artistes. L'évènement fera date et de nombreuses personnalités sont présentes, comme les peintres Luc-Albert Moreau et Guy-Pierre Fauconnet, l'actrice Régina Badet ou la princesse Murat.

Cette même année, Poiret lance Les Parfums de Rosine — du prénom de sa première fille — et devient le premier à imaginer le « parfum de couturier » qu'il conçoit en harmonie avec ses créations. Il ouvre un laboratoire au 39, rue du Colisée et une usine à Courbevoie incluant un atelier de verrerie et de cartonnerie pour le conditionnement. Les premières compositions sont imaginées par Maurice Schaller puis par Henri Alméras, mais Poiret s'implique personnellement. Jusqu'en 1929, ce sont 35 parfums qui sortent des usines.

Toujours en 1911, il se diversifie dans les broderies et les imprimés avec les Ateliers de Martine (du prénom de sa deuxième fille). Georges Lepape collabore à l'album Les Choses de Paul Poiret pour présenter ses robes. Il fait aussi appel à d'autres artistes peintres comme Raoul Dufy, Mario Simon, André Marty, etc...

Il habille également le Tout-Paris, aidé par sa femme Denise qui se fait ambassadrice de la marque. Il s'inspire de ses nombreux voyages pour créer des vêtements marqués par l'Orient, la Russie, l'Afrique du Nord.

En collaboration avec le peintre Raoul Dufy, il lance des imprimés audacieux. Plus tard, il crée la jupe-culotte et la jupe entravée, qui font scandale.

On lui doit la coupe du pantalon bleu horizon porté par les poilus à partir de fin 1916.

Fin novembre 1929, la maison Paul Poiret ferme, du fait de la crise économique. Les Parfums de Rosine sont rachetés par Oriza L. Legrand.

Il publie trois livres de mémoires et meurt en partie ruiné et oublié en 1944. Il repose désormais au cimetière de Montmartre à Paris.

Sa marque commerciale est un turban très enveloppant orné d'une aigrette, que son épouse rend célèbre.

Il a donné son nom au Lycée Paul Poiret (Paris), Lycée des métiers d'arts de le mode et du spectacle.

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